Nature Ville : 2 mois plus tard-Bilan.

Publié le par Robin et Antoine

Nous voilà donc deux mois plus tard. Bilan sous forme de petit cahier.

La nature et la ville


Introduction
Par Robin

J’ai habité dix ans en ville. C’est assez.

 

La ville peut être furieusement esthétique. Elle est assurément envoûtante. Je suis même sûr que l’on peut y vivre heureux. Certains ne la quittent jamais , ou à regret.

 

C’est là que s’arrête ma fascination  pour la ville.

L’Homme moderne  invente son propre espace de vie, il cherche à se désincarner dirait-on. Les zones commerciales, les immeubles de bureau, les complexes de loisirs ou de logements, les routes, les zones pavillonnaires, autant de formes de la vie urbaine généralisée qui concourent à artificialiser les sols et à faire de la nature une gentille matière première de décoration et d’aménagement d’un cadre de vie  ordonné jusqu’à l’obsession et la nausée.

 

Pour cette série de photos, j’ai déambulé  à Paris, Lyon et Villefranche sur Saône, photographiant ce qui me fait peur et m’étouffe en ces lieux. J’ai trouvé des formes et des impressions qui peuvent donner  aux citadins  le sentiment rassurant de ne pas avoir totalement déserté  les forêts et les bocages.J’ai aussi  vu la ville conquérante et triomphante qui noie la nature sous le béton.


Par Antoine

          Grand amateur de la campagne et de tout ce qui peut-être rural, je le suis un peu moins de la ville, de son cortège de bruits, de foules, de bâtiments gris et sombres, même si j’en reconnais parfois la beauté et l’esthétique. Associer les deux pour les mettre et comparaison ou en opposition était une idée attrayante, une idée de Robin. La réalisation de ces quelques photos n’a pourtant pas été aisée car la combinaison entre ces deux espaces est toujours rude et bien souvent à l’avantage de la ville, en tout cas à cours terme. Mais ces moments à déambuler m’ont fait voir la ville sous un autre angle avec un regard nouveau. Ma découverte principale concerne l’acharnement sans relâche des hommes et de la nature : les uns s’attachant constamment à détruire ou canaliser ce que l’autre reconstruit et rebâtit sans cesse. Une vie à la Sisyphe.

 

Les photos de Robin

 

 

 

Extension de la ville de Villefranche sur Saône.

En quelques jours et quelques coups de pelleteuses les rues et canalisations d’eaux usées sont prêtes. L’arbre ne résistera plus très longtemps.

 

 

 

 

Chantier de zone commerciale de la commune de Villefranche sur Saône.

Un champ de plus va disparaître.  Le commerce va pouvoir fleurir en ces lieux.

Pourtant jamais le bonheur du grand air ne pourra s’acheter.

Possible qu’on finisse malgré tout par nous le vendre !

 

 

 

 

Chantier immobilier à Villefranche sur Saône. Avril 2009.  Cette ville est la plus touchée en France par la chute de l’immobilier (- 10% par rapport à 2007) : trop de logements, pas assez de gens capables de les payer. Ces grues par centaine, forêts de la modernité, poussent  vite et partout.

Ainsi disparaissent les herbes folles.

 

 

 

 

 

Grille au pied d’un arbre sur la place des arts  à Villefranche sur saône

Tout est plus propre et plus ordonné qu’à la campagne.

Que reste-il de la nature en l’homme moderne urbanisé ?

 

 

 

 

 

Jeunes cyprès le long d’une construction moderne. Villefranche sur Saône.

Je pense à mes ballades en forêts, aux petites pousses sauvages de merisier, de chênes, qui colonisent les friches au gré du vent et du hasardeux travail d’enfouissement par la faune.

 

 

 

 

Jardin public. Villefranche sur Saône. A côté, des jeux d’enfants.

Plus jeune je me souviens avoir grimpé aux arbres et y avoir construit des cabanes.

 

 

 

 

 

Le long du Morgon (petite rivière canalisée passant sous la ville de Villefranche sur Saône)

Celui qui coupera cet arbre au nom du fait qu’il n’a rien à faire là n’aura pas de cœur.

 

 

 

 

 

Traces d’oiseau dans le ciment frais. Lyon. Hiver 2008.

 

 

 

 

 

Nouvel habitat social à Villefranche sur Saône- quartier Fontgraine.

Le bardage bois donne de la chaleur à ce quartier un peu triste. Est on seulement fait pour vivre si loin de la nature, dans des bulles ou des barres de verre et d’acier ?

 

 

 

 

 

 

Jardin public. Paris. L’heure de la sieste pour ce SDF.

« la misère est moins pénible au soleil »

 

 

 

 

 

Par terre d’herbe clairsemé devant la bibliothèque de Villefranche sur saône.

Si ce n’était le bruit des voitures, celui de la voie ferrée d’à côté ou des portes qui claquent, j’aurai pu me croire l’espace d’un instant sur l’altiplano péruvien où les touffes maigrelettes des itchus sont battues par les vents.

 

 

Les photos d'Antoine

 

 

 

Quartier de Westminster, 1998, en attente d’un bus pour l’ouest de l’Angleterre, j’erre en cherchant à capter cette atmosphère londonienne des soirs après 19 h où la ville est devenue vide. Ce parc est magnifique et pourtant pendant plus d’un quart d’heure je suis seul. C’est beau Londres.

 

 

 

 

 

Limoges, bibliothèque municipale (BFM). Quand je prends cette photo la BFM est toute récente et c’est un lieu superbe qui est offert à la ville : immense, un choix de livres et de médias multiples, complètement gratuite et au centre même de la ville. Pensée de génie, l’architecte a fait entrer la nature à l’intérieur de ce lieu, dans une vaste serre tropicale merveilleusement intégrée à l’ensemble.

 

 

 

 

 

Limoges, parc Victor Thuillat. Voilà un lieu dans lequel je me promène très régulièrement : poussette, toboggan et balançoire … C’est aussi un parc floral réputé, bien intégré dans un environnement urbain pas facile, cité ouvrière, supermarché et grands ensembles. Je crois que ce lieu s’impose majestueusement sur le reste de la ville.

 

 

 

 

 

Limoges, avenue de Louyat.

« comme un arbre dans la ville … »

 

 

 

 

Limoges, rue du grand Treuil. A regarder une jolie poule artificielle, on peut parfois avoir l’illusion d’en voir plusieurs.

 

 

 

 

 

Limoges, rue des Papillons. Les fougères sont considérées par les botanistes comme des plantes pionnières, celles qui, avec le bouleau ou les genêts, colonisent en premier un lieu nouveau. Conquête ou reconquête ?

 

 

 

 

 

Limoges.

Quand la vie sur le trottoir est morne, triste et banale, levons un peu les yeux.

 


Dossier réalisé par Robin et Antoine entre mars et avril 2009.

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Publié dans La Nature et la Ville

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R
Super. ça rend parfaitement bien.<br /> Merci de t'occuper de tout ça.
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A
Bon, mieux vaut avoir un grand écran, ou faire F11. Mais je trouve notre première production plutôt sympa. J'en ai profité pour faire du ménage et créer un thème nature ville dans lequel j'ai mis tous nos brouillons et cet article, comme ça c'est classé. Faut-il faire un bilan à la fin ? Si oui tu peux le faire directement.
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